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Le semeur de van Gogh

Le semeur de van Gogh

Est-ce l’aube ou le crépuscule ?

Je penche plutôt vers l’aube. Le semeur habillé de sombre jette de sa grosse main calleuse les grains tirés de sa besace. Elle a tant vécu, cette besace, elle a tant servi, qu’elle semble faire partie intégrale de son corps, si ce n’est les reflets verts qui l’en distinguent vaguement.

La casquette qui protège depuis toujours la tête du paysan n’a pas su préserver sa peau des éléments : l’homme (ou bien est-ce une femme ?) est basané, le teint cuit et recuit par la vie au grand air.

Il semble fait de la même matière que l’arbre du premier plan. Seule la rugosité de l’écorce et la peau lisse à peine plus claire indiquent leur différence tout en soulignant leur parenté.

Tous deux sont sortis de la glèbe brune dont ils sont issus et dont ils gardent les traces.  C’est elle que le paysan arpente et nourrit.

Une petite bande de verdure sépare le champ labouré de la rivière, dont le bleu éteint par la nuit encore proche transporte quelques traces de limon. A moins que ce ne soit les reflets d’ombre qui n’ont pas encore été dissous par le soleil guerrier.

L’astre, en relief, tel une immense auréole derrière le semeur, laisse présager la victoire du grand jour sur la nuit.

Même si ce ne sont que les prémisses, on sent déjà que la nuit a perdu : le soleil d’un jaune éclatant nuancé de beige, a déjà balayé les noirs et violets de la nuit sombre. Le ciel n’est pas encore bleu, il est vert. Un vert très tendre, léger.

Un vert pistache, traversé légèrement par quelques nuées roses.

Ce sera une belle journée.

Séverine L.

 

Tag(s) : #Le semeur, #Textes de participants, #Séverine L, #Couleurs 2019

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